language choice

EuroCom: Un chemin vers le plurilinguisme en Europe

EuroComRom: Les sept passoires

Un accès plurilingue au monde des langues romanes

1.Introduction

1.1 Pluralité et richesse des langues en Europe

L'Europe vit actuellement un processus d'échanges et contacts mutuels dans la circulation des marchandises et des personnes, ainsi que dans le domaine de la communication et de l'information dans les médias ; c'est du jamais vu jusqu'à présent - même dans la période de l'Empire Romain ou du Moyen Age "International". Les communautés linguistiques européennes se rapprochent de plus en plus et ce que chacun savait d’une manière très générale au sujet du plurilinguisme devient un contact concret avec de plus en plus d'autres Européens parlant une autre langue. La communication de fortune qui crée une distance par une langue tierce (langue véhiculaire) ne peut pas satisfaire le besoin d’approfondissement de ces contacts, car aucun partenaire dans cette communication ne parle sa propre langue ou celle du partenaire, personne ne fait véritablement un pas vers l'autre.

L’importance qu’ont les langues maternelles respectives, afin que nous puissions mieux faire connaissance, devient de plus en plus pertinente pour les Européens. L’opinion publique, cependant, considère que le temps nécessaire à l'acquisition de connaissances suffisantes pour la communication dans les différentes langues des citoyens européens avec lesquels on est en contact plus étroit est trop élevé. C’est ainsi qu’ on renonce - bien sûr à grand regret - à une véritable diversification des langues.

Il est vrai que les nations des communautés linguistiques de l'Europe soulignent systématiquement combien la présence et le respect de leur propre langue maternelle leur tient à cœur, cependant elles perdent courage, lorsqu'il s'agit, sur la base de la réciprocité, d’introduire et d’implanter leur langue maternelle dans les écoles européennes. La communication approfondie entre les Européens reste ainsi entravée. La libre circulation des personnes et leur installation dans des pays voisins reste fortement limitée en raison du manque de préparation par un enseignement linguistique diversifié.

1.2 EuroCom multilingue

Le but de la nouvelle stratégie EuroCom est de rendre le plurilinguisme possible aux Européens de manière réaliste,

- sans effort d’apprentissage renforcé, mais au contraire avec des efforts d’apprentissage réduits,

- sans exigence d’une compétence maximaliste, c.à.d. en reconnaissant la valeur d’une compétence partielle à des fins de communication

EuroCom se conçoit comme complément nécessaire dans l’offre d’enseignement de langues dans nos écoles. Certes, la plupart des écoles européennes transmettent à de nombreux élèves -avec un succès variable- des compétences dans une langue étrangère (la plupart du temps l’anglais), et pour quelques uns dans une deuxième langue ( le français ou l’allemand). Cependant, on a pas atteint un plurilinguisme qui prendrait appui sur la complexité et la richesse linguistique de l’Europe et qui mènerait vers une compétence pan-européenne.

EuroCom se conçoit comme un complément pour l’offre traditionnelle de l’apprentissage des langues ; mais EuroCom peut également servir en tant que proposition de réforme qui facilitera l’apprentissage de manière fondamentale.

Les obstacles

L’ obstacle principal à une compétence plurilinguistique plus largement répandue est psychologique, lié à la motivation. La barrière n’est certes liée, ni au problème d’être doué ou intelligent, ni essentiellement au problème d’économiser le temps. L’obstacle principal est double: premièrement par rapport à l’effort d’apprentissage redouté par l’individu, par ailleurs, en rapport direct à l’idée de l’opinion publique qui ne considère pas le pluriliguisme comme le cas normal, mais comme une anomalie.

EuroCom veut réduire cette barrière dressée par l’effort d’apprentissage attendu, et aussi éliminer la barrière des mentalités qui existe spécialement dans les grands Etats soi-disant monolingues. La société et les systèmes scolaires de tels Etats ont tendance à considérer le plurilinguisme comme signe caractéristique de sous-développement. Cette prise de position, qui passe presque inaperçue et qui va à l’encontre de ce qui semblerait logique, devrait être annihilée par des explications claires.

L’Union Européenne pourrait, avec les gouvernements régionaux et supra-régionaux, exercer une influence positive sur le parti pris contre le plurilinguisme et même le modifier. Cependant, un programme pour les langues européennes ne pourrait devenir effectif que si la difficulté d’accéder à d’ autres langues était réduite de manière significative.

Et ceci, EuroCom tente de le réaliser.

Le commencement

Dans le passage d’une langue connue vers une autre, c’est le début, le premier contact réalisé avec l’intention d’acquérir cette langue, qui est le moment décisif ; c’est là que se concentrent les angoisses et les résistances. Une stratégie qui, à ce moment primordial, pourrait offrir une solution ne demandant pas d’efforts d’apprentissage, serait la condition préalable à une réussite réaliste et pragmatique dans un programme d’apprentissage des langues européennes.

EuroCom offre cette possibilité.

EuroCom ne propose aux apprenants dans la phase de démarrage que les choses qui sont simples, plus précisément : les choses que l’apprenant sait déjà, mais qu’il ignorait savoir. L’expérience avec EuroCom montre qu’on atteint ainsi un seuil de motivation très élevé pour le début d’apprentissage : l’intention didactique et psychologique de notre méthode d’apprentissage consiste en fait à démontrer et prouver aux apprenants qu’ils connaissent déjà énormément de choses qu’ils ne soupçonnaient pas - afin de leur donner confiance en eux-mêmes au moment du passage dans la nouvelle langue. Les apprenants « apprennent » d’abord tout ce qu’ils ne doivent plus apprendre. Ils voient le « rendement » tiré du capital linguistique qu’ils possèdent, mais qu’ils n’ont pas encore vraiment concrétisé - et dont ils doivent aller retirer le bénéfice et l’investir dans une nouvelle langue. Ils voient aussi que le bénéfice sera perdu à long terme, s’ils ne le réinvestissent pas.

Euro-Com réceptif

Pour ce faire, nous renonçons stratégiquement d’abord à demander des prestations de production linguistique orale et écrite et nous nous centrons dans la phase débutante, qui représente le noyau d’ EuroCom, aux prestations linguistiques réceptives - ici la compréhension de l’écrit. La compréhension écrite, pour l’adulte jeune ou plus âgé, est la plus facile et par ce biais le fondement le plus solide pour le développement ultérieur de compétence en matière de compréhension de l’oral, de production orale et d’expression écrite. La compétence de la compréhension de l’écrit est d’ailleurs en train de prendre, étant donné l’importance grandissante de l’écrit, une valeur de plus en plus importante. Le processus d’ information et de décision est de plus en plus basé sur des documents écrits. Même l’enregistrement et la transposition de la voix humaine par l’ordinateur deviennent du texte écrit et l’utilisateur interpellé préfèrera toujours le texte écrit, qu’il peut survoler en réalisant une économie de temps.

1.3 Aucune langue étrangère n’est un pays vierge absolu

L’enseignement conventionnel d’une langue donne à l’apprenant cette impression démotivante qu’il commence la langue au point zéro et qu’il est un néophyte absolu. On lui apprend les premières phrases qui se situent souvent à un niveau intellectuel extrêmement bas. EuroCom commence par contre par montrer tout ce qu’ un apprenant peut déjà déchiffrer dans un texte utilitaire de langage courant dans cette nouvelle langue. EuroCom active les compétences existantes mais non exploitées. Rechercher les éléments connus dans ce qui nous semble être étranger passe par deux bases linguistiques :

1° la parenté entre les langues,

2° les internationalismes qui, dans de larges domaines de la vie moderne et des langues étrangères, reposent sur une base lexicale commune.

La première base a une priorité parce que bien au-delà du lexique, celle-ci permet aussi de repérer des éléments connus dans la structure linguistique de la nouvelle langue, dans les sons, la morphologie, les compositions et structures de mots ou dans la syntaxe.

La détection optimisée

Rechercher des éléments connus dans ce qui nous est inconnu est un processus qui, en outre, se sert de la capacité humaine de transférer des expériences vécues, des significations et des structures connues sur les nouveaux contextes. EuroCom entraîne l’apprenant à faire appel en permanence à cette capacité lors du passage vers une nouvelle langue. Le but est une détection optimisée. Mais en faisant cela on ne demande rien d’autre à l’apprenant que ce qu’il sait déjà faire. Il doit uniquement tirer le meilleur parti de ce qu’il possède déjà, qu’il sait déjà. EuroCom donne toutes les aides nécessaires afin qu’ avec un minimum de travail d’apprentissage, un maximum de détections deviennent possibles. EuroCom offre la possibilité de s’aider soi-même.

En opposition aux enseignements de langue traditionnels pour débutants, où il s’agit de juger dans les prestations linguistiques de l’apprenant ce qui est juste ou faux et où tout ce qui n’est pas complètement juste est considéré comme sans valeur et à corriger, avec EuroCom nous nous préoccupons de la valeur de chaque prestation de compréhension approximativement correcte. Ceci est extrêmement important pour la motivation.

De manière générale, dans EuroCom,nous considérons: Ce qui mène vers la détection du sens général et vers une communication minimale effective, c’est déjà une prestation précieuse. Cela peut motiver l’apprenant pour aller vers une correction positive et un entraînement supplémentaire. Les erreurs ne sont pas tout simplement fausses et erronées. La plupart des erreurs montrent une petite ou grande part de performance intelligente. Il est seulement indispensable d’augmenter en permanence, de manière motivée et courageuse (sans peur de l’erreur - en vue d’un succès) cette part-là.

Tout ce que je sais déjà

EuroCom organise les domaines dans lesquels on peut trouver des choses connues dans chaque nouvelle langue, dans la mesure où celle–ci appartient à la même famille ou au même type de langues. Il y a sept domaines, qu’on appellera les sept passoires. Ceci sera démontré dans la suite à l’aide de l’exemple de la famille des langues romanes, EuroComRom. Le même modèle peut être appliqué à la famille des langues germaniques, EuroComGer, ou slaves EuroComSla. ( EuroCom, pour l’apprenant allemand, présuppose des connaissances scolaires, d’une langue romane, qui dans le système scolaire allemand est le plus souvent le français. L’anglais qui, dans une grande partie de son lexique est une langue romane, peut aider également. Pour l’apprenant français c’est l’occitan, l’espagnol ou l’italien qui peuvent aider beaucoup pour aller vers les autres langues romanes.)

Lors des sept procédés de travail, l’apprenant trie comme un chercheur d’or qui puise l’or dans l’eau de la rivière. Il puise dans la nouvelle langue tout ce qui lui appartient déjà, parce qu’il le possède déjà dans sa propre langue. Après avoir passé au peigne fin sept fois la langue à la recherche d’éléments connus, il constate qu’un texte de journal dans la nouvelle langue (par exemple dans le domaine de la politique internationale) est facile à pénétrer en ce qui concerne les informations essentielles. En partant de ces données il voit qu’il peut comprendre le sens des autres parties du texte avec une bonne approximation.

La division systématique des sept différents domaines est faite pour des raisons de clarté. L’apprenant doit voir distinctement quels sont les différents domaines qui lui procurent une compréhension réussie. Dans la hiérarchie des différents domaines, aux possibilités de détection évidentes et immédiates succèdent les possibilités qui demandent un regard plus vigilant et un petit entraînement. Après la phase didactique du début, le travail pratique de la compréhension du texte fera appel à chacune des sept passoires, sans distinction de classement hiérarchique, selon la nécessité émanant du texte.

1.4 Les sept passoires

Avec la première passoire, on puise dans la nouvelle langue le vocabulaire international [ VI]. Ce vocabulaire a été crée par toutes les langues standard dans le développement moderne de la vie humaine et de la pensée. Il leur est commun et basé dans une mesure considérable sur les bases latino-romaines, ce qui favorise avec cette première passoire énormément les langues romanes. Un adulte dispose d’environ 5000 de ces mots, qu’il est capable de reconnaître sans effort dans les autres langues, car ils n’ont été que très peu modifiés. Le vocabulaire international, ajouté aux noms de personnes et d’institutions internationales communes, ainsi que les termes géographiques, etc., forme la partie de texte qui, dans un article de journal, par exemple de politique internationale, peut être comprise de suite. Ce vocabulaire est d’ailleurs très fréquent dans ce type de texte et en représente la plus grande partie.

Avec la deuxième passoire on puise en plus le vocabulaire spécifique commun à la famille des langues romanes : le vocabulaire panroman [VP]. Cette passoire nous montre, comme la connaissance d’une seule langue romane représente déjà une porte grande ouverte vers toutes les autres langues romanes. Les apprenants qui ont déjà investi dans une seconde langue romane peuvent récupérer le bénéfice pour les autres langues romanes. Environ 500 mots de notre passé latin commun sont encore aujourd’hui dans le vocabulaire de base de la plupart des langues romanes. Cette seconde passoire, avec ses correspondants, est d’ailleurs particulièrement importante pour la famille des langues germaniques ou slaves, parce que le vocabulaire pangermanique par exemple coïncide moins avec le vocabulaire international et ouvre ainsi un lexique complémentaire plus important.

C’est uniquement avec la troisième passoire que seront utilisées les parentés lexicales de manière stratégique : par la détection des correspondances de phonèmes [CP]. De nombreux mots, fréquemment employés, ne sont pas facilement reconnaissables à première vue, car durant ces 1500 années dernières ils ont muté (ils se sont transformés) différemment au niveau des phonèmes. EuroCom met à la disposition de l’apprenant toutes les formes de correspondance des phonèmes, afin qu’il puisse reconnaître facilement la parenté du mot et ainsi sa signification. Les découvertes que fait chaque apprenant, dans le contact avec une langue apparentée, sont systématisées par un nombre restreint de correspondances entre phonèmes. Ainsi il peut donc, en mobilisant peu d’efforts d’apprentissage, et en partant chaque fois d’un exemple précis, analyser tout de suite une quantité de changements historiques et reconnaître le mot dans son nouvel habit; sachant que nuit correspond à l’espagnol noche et à l’italien notte on peut déduire qu’ à lait correspond leche en espagnol et latte en italien.

La quatrième passoire correspond aux graphies et aux prononciations [GP]. Certes les langues romanes utilisent les mêmes lettres pour transcrire la plupart des phonèmes, mais quelques solutions orthographiques sont quand-même différentes et entravent la reconnaissance de la parenté du mot et du sens. EuroCom systématise ces différences que chaque langue a adoptées dans un tableau et les porte à notre conscience. EuroCom démontre la logique de la convention orthographique que chaque langue s’est donnée et désamorce ainsi les difficultés. L’apprenant ne doit alors qu’une seule fois, de manière consciente, porter son attention à très peu de phénomènes. Parallèlement quelques conventions de prononciation sont rendues transparentes et utilisées pour démontrer des parentés de mots : des mots écrits de manière différente sont découverts comme identiques quant à leur prononciation.

La cinquième passoire tire profit du fait que les neuf types syntaxiques fondamentaux [SF] sont structurellement identiques dans toutes les langues romanes. La personne qui a intégré ce fait pourra immédiatement mesurer à quel point ses connaissances syntaxiques d’une langue romane lui seront d’un grand secours pour repérer le positionnement des articles, noms propres et noms communs, adjectifs, verbes, conjonctions. Même dans ses nombreuses propositions subordonnées (phrases relatives ou conditionnelles) la position syntaxique des mots est assez transparente. Sur la base de ce grand parallèle les particularités existant dans chaque langue peuvent être alors facilement isolées et rendues rapidement transparentes à l ’aide de quelques explications.

Avec la sixième passoire EuroCom met à disposition une formule de base pour la morpho-syntaxe [MO], avec laquelle on peut démontrer le plus petit dénominateur commun des différents mots grammaticaux ou terminaisons de mots (par exemple comment reconnaître une première personne du pluriel dans les langues romanes). Ainsi la lecture de la structure de la phrase est facilement abordable. Les éléments morpho-syntaxiques sont les éléments les plus fréquents d’un texte. C’est pourquoi leur reconnaissance est très utile.

La septième passoire finalement est une liste de préfixes et suffixes [FX]. Elle permet d’analyser les mots composés en séparant la racine de ces ajouts; Il suffit de se remettre en mémoire un petit nombre de préfixes et suffixes latins ou grecs, afin de pouvoir décoder une multitude de mots.

Ainsi l’apprenant a pu constater, lors des sept procédés de tri, qu’ il dispose d’un grand répertoire d’éléments déjà connus dans le domaine lexical et grammatical d’une langue romane. Et ceci pour plusieurs langues à la fois. Le mérite d’ EuroCom est ici stratégiquement décisif : il n’ y a pas d’avancement pénible d’une langue vers une autre et puis vers une autre encore, car, grâce à un effort unique, la porte vers toutes les langues est ouverte. Ainsi il n’est même plus avantageux ou économiquement astreignant de renoncer à son objectif de connaître de nombreuses langues. Au contraire se restreindre signifierait dilapider des grands avantages.

1.5 Les différentes langues

Dans une seconde phase seulement de la stratégie EuroCom, l’apprenant est incité à s’abandonner un peu plus à sa motivation personnelle et à trouver momentanément des centres d’intérêt dans la famille des langues pénétrée par les sept passoires.

EuroCom propose pour cela les mini-portraits de six langues romanes, qui sont parlées au total par les trois quarts d’un milliard de personnes. Ces mini-portraits, à l’aide des sept passoires, rendent systématique le savoir linguistique mobilisé et le complètent stratégiquement.

Le mini-portrait commence par des indications concernant l’implantation géographique de la langue et le nombre d’utilisateurs. Il permet un petit survol du développement historique des origines à aujourd’hui, il indique les dialectes les plus fréquents et les variantes.

La partie la plus importante est un résumé qui présente d’une manière condensée les particularités typiques de la langue, tout particulièrement sa prononciation, sa graphie et la structure de ses mots. De cette manière les impressions concernant la compréhension auditive ou concernant l’écrit que l’apprenant n’intègre parfois que de manière diffuse, sont formulées et rendues conscientes. La langue est alors clairement différenciée par rapport aux autres langues apparentées, pour que chez l’apprenant se dessine nettement, sur le fond de la parenté et de similitude des langues évoquées par les sept passoires, la particularité de chaque langue.

Cette caractéristique est suivie d’un mini-lexique des différentes catégories de mots, mini- grammaire incluse, dans lequel seront proposés de manière systématique les 400 éléments lexicaux les plus fréquents : Chiffres, articles, prépositions, noms communs les plus importants, adjectifs, conjonctions, adverbes de lieu, de temps et de quantité et même les vingt verbes les plus fréquents dans leurs formes régulières ou irrégulières. De cette manière on trouvera listés systématiquement les mots accessibles par les sept passoires. Ils seront complétés par les mots fréquents et importants qui n’existeront éventuellement que dans une langue. Dans un lexique alphabétique final apparaissent donc les mots structurels de chaque langue, qui représentent 50 à 60% d’un texte courant. Puis seront retirés de cette liste les mots qui ne peuvent pas être acquis lors des sept passages de tri et recommandés à l’attention particulière. Heureusement ces particularismes ne sont que très peu de mots, même s’ils sont fréquents (environ douze mots par langue).

Les mini-portraits sont présentés intentionnellement comme concentré : c'est avec un minimum d’input (12 pages par langue) qu’ils doivent permettre d’obtenir un maximum d’output pour la compréhension écrite.

Avec cet équipement l’apprenant dispose d’une base solide pour le développement de la compétence réceptive. Elle peut être augmentée rapidement par une lecture intensive de textes divers. Cela facilitera le passage vers la réception de textes audio et cela pourra motiver d’une manière ou l’autre l’expression orale. Cependant il faut souligner que déjà seule l’acquisition d’une bonne compétence réceptive de plusieurs langues représente en soi un objectif fondamental pour l’Europe.

1.6 EuroCom en tant que manuel

Le manuel présenté ici est conçu comme outil pour les universités et écoles. Il doit être accompagné par des enseignants qui auront acquis au cours de leur vie plusieurs langues étrangères. Il est un complément aux matériaux et manuels existants pour l’apprentissage des langues que chaque apprenant pourra utiliser selon son choix et son besoin. Principalement ce livre a une fonction préliminaire par rapport aux manuels conventionnels d’ apprentissage des différentes langues. Les cours de langues individualisés peuvent être ainsi accélérés et simplifiés. On gagne du temps, une plus grande offre de langues est réalisable.

Les enseignants ne doivent pas obligatoirement posséder toutes les langues traitées, ils devraient lorsqu’ils rencontrent une langue inconnue procéder selon la stratégie EuroCom, donc se poser le défi avec les autres apprenants de déchiffrer un texte de journal dans la nouvelle langue. Dans ce sens, l’utilisation de ce manuel est également intéressante pour des groupes sans enseignant dans la mesure où des participants de plusieurs domaines linguistiques se complètent en tant qu’ experts dans le groupe. Lors d’une utilisation de ce livre pour l’étude indépendante, il faudrait alors consulter des médias auditifs, afin d’obtenir une impression correcte de la prononciation.

Le manuel a pour but de démontrer, à l’aide d’un modèle EuroComRom pour allemands, la transposition pratique des principes fondamentaux de la méthode. Ce modèle est facilement adaptable aux autres langues de départ et d’arrivée.

 

 

1.7 Apprendre des langues et la motivation

L’utilisation systématique de la parenté ou des similitudes entre langues est précisément une ressource qui n’est guère utilisée pour un accès plus commode au plurilinguisme. EuroCom facilite ainsi effectivement le processus d’apprentissage. Mais de la même manière la motivation personnelle et subjective sera décisive. Un terrain favorable pour le plurilinguisme dépendra de la mesure dans laquelle les expériences antérieures avec l’apprentissage des langues auront été couronnées de succès ou d’échec. Il est donc recommandé, avant de commencer de travailler avec EuroCom, de parler des angoisses et des préjugés qui entourent le plurilinguisme et d’éliminer ainsi les barrières subjectives.

Les cinq angoisses

Dans les pays où l’on n’a pas l’habitude du multilinguisme ont trouve surtout cinq types d’angoisse ou des facteurs défavorables à la motivation, qui gênent et empèchent l’accès aux autres langues. Il faut être conscient de ces angoisses pour les désactiver, ou, dans le cas où il s’agit de facteurs basés sur d´arguments simplement faux, il faut les refuter.

1. «Je suis trop vieux. Seul un enfant peut apprendre les langues ». Ceci est une sous-estimation de la capacité d’apprentissage des adultes. Au contraire, il faut réaliser que les avantages dont un enfant dispose (beaucoup de temps, beaucoup d’énergie ludique pour s’identifier avec la langue qu’il faut apprendre) sont au minimum compensés par les acquis qu’amène l’adulte. Un adulte obtient dans de nombreux domaines une progression beaucoup plus rapide dans son apprentissage qu’un enfant, de par de son expérience linguistique et son savoir, surtout s’il se penche intensivement et s’il est très motivé par cette langue. Chez l’adulte le fait d’écouter attentivement et de prononcer correctement sont également liés à son attitude, à sa confiance en lui et à sa disposition à vouloir s’insérer très rapidement dans un autre environnement linguistique.

2. « Je ne suis pas doué pour les langues » Il n’y a pas de non-doués pour les langues (sauf en cas de perturbation cérébrale) : chaque être humain a appris sa langue maternelle ; de la même manière il peut apprendre les autres langues. La seule chose qu’on oublie, c’est que l’acquisition de la langue maternelle fut un processus très complexe et très long et que, par rapport à cela, l’acquisition d’une langue supplémentaire est parfois extrêmement rapide. Ce qui se cache derrière l’excuse «Je ne suis pas doué pour les langues » est souvent une faible motivation, le manque de courage et de volonté de s’adapter à une nouvelle situation.

3.« Je vais tout confondre, si j’apprends une langue proche. J’ai peur de tout mélanger. » Derrière cette interprétation négative du passage d’une langue à une autre qui lui est apparentée se cache « un modèle d’espace vide » irréfléchi. « Dans la tête il n’y a pas de place pour beaucoup de langues. » Mais comme pour les autres aptitudes de l’homme, il est également vrai pour les langues que plus on a appris de langues, plus on a de facilités d’en apprendre de nouvelles.

En ce qui concerne le fait de mélanger les langues, il faut toujours garder à la mémoire que le grand avantage de pouvoir reconnaître de suite les mots grâce à leur similitude avec l’autre langue, c’est le pouvoir les retenir sans grand effort d’apprentissage. Quand on y réfléchit, qu’est-ce que ça doit être difficile de ne pas pouvoir mélanger nos langues européennes avec les langues comme l’ arabe ou le japonais étant donné qu’il n’y a presque pas de liens de parenté entre les mots. On sera très reconnaissant de pouvoir mélanger et acceptera volontiers cette incertitude initiale concernant la forme précise du mot. On peut compter de manière confiante qu’au cours d’un contact intensif avec la nouvelle langue on développera un sentiment très marqué pour distinguer quels mots, quelles structures et quels sons appartiennent à chaque langue. Encore une fois il faut souligner qu’au début de l’apprentissage d’une langue, il est très agréable de pouvoir se dépanner avec les autres langues  proches; ceci n’est pas une difficulté, mais un grand soulagement.

4.« Lorsque j’apprends une nouvelle langue, je ne connais plus mes premières langues ». Lors de l’apprentissage d’une nouvelle langue on se fixe complètement au nouveau but, surtout si on se trouve dans le pays. Il est normal qu’on ne puisse pas passer de manière ad hoc vers une langue apprise auparavant, si on est en train de se pencher intensivement sur une nouvelle langue. Celui qui est conscient de ce phénomène-là, peut avoir une attitude décontractée, et au bout de quelques minutes d’ entretien très hésitant, le débit redevient fluide, et bientôt on se sent à nouveau à l’aise dans la langue apprise avant. Ceci est également valable pour les langues qu’on n’a pas utilisées depuis un certain temps. Elles sont mis en réserve dans notre cerveau. Il faut qu’un bon stimulus pour les réactiver.

Il est important de ne pas se bloquer soi-même par la peur. Lors d’une nouvelle rencontre avec une langue qu’on connaît déjà il faut se concéder une bonne dose de confiance, il faut être convaincu que les compétences linguistiques déjà acquises autrefois dans le contexte vivant d’un entretien ou lors de la lecture intensive seront à nouveau disponibles très rapidement.

5. « Je n’ose pas parler une langue, tant que je ne sais pas la parler correctement » Ici nous nous trouvons dans le cinquième domaine d’angoisses qui compromettent l’apprentissage des langues : la folie de la perfection. L’idée qu’une langue pourrait seulement être utilisée quand elle sera parlée ou écrite absolument correctement bloque chaque tentative d’ usage ludique et expérimental. L’école, avec les erreurs soulignées en rouge, les notes et les remontrances correctives et jamais d’ encouragements nous a inoculé cette tendance à se censurer et même châtrer soi-même. Il faut s’en libérer de toute ses forces afin d’ entrer de manière décontractée et motivée dans une nouvelle langue. A l’école, l’utilisation de la langue est régie par les notes ; ainsi, le fait d’éviter les erreurs est une question de survie. Cependant, si on vise la compétence communicative par l’utilisation de la langue, alors n’importe quelle utilisation de la langue, si incorrecte soit- elle, est efficace, dans la mesure où l’interlocuteur comprend ou peut comprendre à l’aide de questions subsidiaires.

Le courage de parler en commettant des erreurs et l’acquisition de stratégies pour l’autocorrection graduelle est le bon chemin pour atteindre une compétence toujours plus grande en partant d’une compétence active réduite.

L’utopie d’une compétence parfaite en langue étrangère était en règle générale le symbole d’un degré d’instruction supérieure, un facteur de prestige social. Beaucoup de gens en déduisaient que le fait de maîtriser une langue imparfaitement, mais suffisamment pour communiquer, dénotait un manque d’instruction, une culture superficielle, un niveau social bas. Tout au contraire chaque compétence en langue étrangère complémentaire – et ne serait–ce qu’ une compétence élémentaire et incorrecte - représente un plus de formation, d’expérience et de savoir. Celui qui, par manque de compétence en langue étrangère et par manque d’envie d’essayer, ne peut commettre d’erreurs ne possède pas ce plus.

Il faut se rendre à l’évidence que nous sommes en train de parfaire notre langue maternelle durant toute notre vie, donc nous pouvons nous autoriser à parler d’autres langues pour les essayer, au départ avec plus d’erreurs et plus tard plus parfaitement. L’amélioration est toujours possible – ceci ne doit empêcher personne, somme toute, de commencer.

Les «cinq angoisses» traitées ici représentent l’essentiel des obstacles subjectifs pour l´apprentissage de langues. C´est le résultat d´une enquête de questionnaires réalisée avec les étudiants d´EuroCom à l´université de Francfort. Ces obstacles peuvent être surmontés par la conscientisation et l’information motivationelle. En plus il faut souligner que sous l´aspect de l´acquisition de compétences réceptives on ne peut pas « mélanger les langues » lorsqu´on se sert d´associations interlangagières pour le dépannage et on ne peut pas dire qu´une déduction eronnée conduit à la production d´une faute dans ces nouvelles langues. Une méthode réceptive ne produit pas de fautes, elle sert à apprendre par des associations et même par des fautes qui à la suite au passage de la réception à production seront autocorrigées.

1.8 Les principes d’EuroCom:

Que représente la stratégie d’EuroCom ?

De nouvelles langues, que nous connaissons en fait déjà

EuroCom montre qu’ apprendre des langues est facile, là où il existe une parenté entre les langues. EuroCom prouve que la personne qui parle une langue européenne connaît déjà beaucoup de la plupart des autres et qu’il ne commence pas à zéro, mais qu’il amène déjà énormément de savoirs linguistiques pour la nouvelle langue. L’apprenant découvre que les langues voisines ne sont pas des langues étrangères, mais que pour une grande partie elles lui appartiennent déjà, et il en retire de la confiance en soi et en même temps de la motivation pour ne pas laisser végéter ces savoirs linguistiques. EuroCom rend transparent à l’apprenant ses capacités de reconstruire à l’aide des conclusions analogiques et de l’utilisation de la logique du contexte, le sens de l’inconnu. EuroCom mène à optimiser ces capacités.

EuroCom fixe des objectifs linguistiques faciles à atteindre. EuroCom tend vers un plus de compétences partielles dans le domaine de nombreuses langues au lieu de tendre vers un perfectionnement illusoire d’une ou de deux langues étrangères, car la véritable diversification linguistique européenne commence au-delà des langues étrangères standard Anglais/Français/Allemand. EuroCom se conçoit comme complément à l’enseignement traditionnel des langues ou comme stratégie pour soulager et accélérer leur phase débutante, ainsi que comme passage plus précoce et plus rapide vers les langues voisines.

EuroCom complète ainsi l’offre traditionnelle à l’endroit le plus faible qui est, surtout d’un point de vue européen, le manque de diversification.

EuroCom vise aussi plus fortement un public large dans la population européenne que l’objectif d’apprentissage « near native language competence ». L’aspect de découragement qui émane de ce dernier postulat est éliminé par la reconnaissance et la mise en valeur des compétences linguistiques partielles dans de nombreuses langues.

EuroCom permet que les européens puissent valoriser plus fortement les langues maternelles (aussi la propre) et que ne leur soit imposé une langue tierce véhiculaire, comme unique sortie à la diversité lingüistique.

Finalement, EuroCom met en relief que les cultures européennes font partie d’une famille et qu’elles sont réciproquement relationnées.

Le début est simple

EuroCom rassemble pour la phase débutante tout ce qui est facile dans la nouvelle langue et évite ainsi chez le débutant l’angoisse des effets négatifs.

EuroCom se concentre sur l’acquisition de la compétence réceptive, celle de lire un texte et ainsi offrir une progression rapide dans les apprentissages. Les apprenants se rendent compte de la vitesse avec laquelle ils peuvent comprendre une langue. EuroCom utilise tous les effets positifs pour éveiller et maintenir éveillée la motivation, c.à.d. le plaisir et la curiosité – le plaisir de découvrir comme un détective.

L’économie lors de l’apprentissage devient un sujet d´auto-réflexion. Des formules d’une grande utilité pratique et d’une très grande efficacité sont utilisées systématiquement. Au lieu d’additionner successivement et péniblement des langues dans un processus d’apprentissage qui dure de longues années, on arrive immédiatement à la multiplication linguistique se basant sur les significations de mots et les de structures multilingues. Déjà d’un point de vue d’économie de l’apprentissage, le regard vers toutes les autres langues de la famille des langues s’impose : se restreindre à une langue devient un obstacle, s’ouvrir vers les autres un soulagement. Ainsi l’apprenant échappe au dilemme scolaire qui exclut les choix des autres langues vivantes, dès qu’il a opté pour ses deux premières langues vivantes [LV1 + LV2].

D’un point de vue de psychologie d’apprentissage EuroCom essaie de donner une nouvelle signification aux « erreurs », en les jugeant comme prestations de détection partiellement réussies qu’il ne faut qu’optimiser. Ainsi est mis en avant le côté positif du fait de deviner – un « error » souligne la performance du « trial ». La finalité est un apprentissage sans peur de la sanction.

EuroCom aide à s´aider soi-même : on réfléchit et on apprend comment apprendre les langues. Ainsi on gagne de la sécurité et on crée une habitude pour s´approcher à de nouvelles langues.

Une utilité pratique dès le départ.

La compétence partielle réceptive que l’apprenant, accompagné d’un professeur ou non, peut développer, toujours de manière autonome, par la lecture ( et occasionnellement à l’aide d’un dictionnaire) pour obtenir des connaissances solides, lui amène dès le départ une réelle utilité communicative : La compétence réceptive permet de lire des informations concernant ou provenant du pays dans la langue de celui-ci. EuroCom implique la médiation de la civilisation du pays, car dès le départ la compétence receptive mène à des connaissances culturelles riches à travers des textes authentiques du pays concerné. EuroCom forme des experts en lecture qui ne dépendent plus des traductions existantes.

Par ailleurs la compétence de la compréhension écrite est pour l’apprenant adulte la base la plus simple, afin de se procurer rapidement par le moyen d’autres médias une compétence de la compréhension auditive. Cette compétence de la compréhension auditive permet alors également, de comprendre directement les informations télévisées de nombreux pays. De plus il est possible de comprendre directement les autres européens qui parlent ces langues et de continuer à parler sa propre langue maternelle, si les partenaires ont acquis pour notre langue la compétence réceptive. Cette manière de communiquer fonctionne très bien au bout de quelques minutes de familiarisation et permet de remplacer la communication entre deux interlocuteurs dans un anglais déficient. (Le recours à une langue véhiculaire est ici uniquement nécessaire, si les compétences réceptives des interlocuteurs ne se recoupent pas).  Cette forme de communication en langue maternelle pourrait être érigée en programme et porterait le titre « savoir et pouvoir écouter ».

Cette communication en tandem est le chemin le plus facile pour préparer à une utilisation active de l’autre langue et pour « prendre en bouche » cette autre langue, qu’en entend en permanence et qu’on comprend.

Personne ne sait exactement dans sa jeunesse vers quel domaine linguistique sa vie ou sa profession l’amènera. Une compétence réceptive diversifiée déjà existante dans une ou plusieurs familles de langues devient très rapidement en cas de nécessité professionnelle dans le pays destinataire une compétence productive dans la langue de ce pays.

Une compétence européenne – linguistique

C’est seulement si de nombreux Européens connaissent de nombreuses langues d’Europe,  que l’Europe deviendra en ce qui concerne la langue véritablement européenne et pas seulement centrée exclusivement sur l’anglais ( ou un petit peu sur le français ou l’allemand). L’expérience de ressemblances et de différences existantes en même temps dans les langues européennes servira de modèle d’expérience de cette proximité et altérité que nous vivons simultanément en Europe. Ainsi la curiosité et la sympathie pour ceux qui parlent autrement et ce qui nous sont étrangers, peut être plus facilement concilié avec notre propre identité.

L’expérience d’une acquisition facile d’une compétence réceptive à l’intérieur de la famille des langues romanes motive de transposer cette expérience à d’autres familles de langues (germaniques ou slaves), auquel cas EuroCom peut s’adapter précisément à chaque groupe de départ et chaque combinaison de langues destinataires, par exemple EuroComRom pour les anglophones, EuroComRom pour les nations romanes, EuroComGer pour les germaniques ou romanes. Finalement un réseau de manuels EuroCom, avec des passerelles mutuelles entre les trois plus grandes familles de langues européennes, pourrait être la clef pour les langues de la plus grandes partie des 700 millions d’européens.

Comprendre les co-européens dans leurs langues : EuroCom transforme les apprenants en véritables Européens.

Traduction: Cäcilia Morandat, Montpellier, France.

Le livre:
Horst G. Klein, Tilbert D. Stegmann
EuroComRom - Die Sieben Siebe

Romanische Sprachen sofort lesen können
(ISBN 3-8265-6947-4)
est publié en langue allemande chez l’édition Shaker Verlag.

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